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La mesure et vérifications des performances et l’IPMVP

Le bâtiment est un environnement complexe soumis à des sollicitations aussi variées qu’imprévisibles (comportements humains, météo, régimes d’utilisation …) D’une année sur l’autre, ses consommations d’énergie peuvent considérablement changer, sans que le bâti n’ait changé.


Comment alors évaluer la performance énergétique d’un bâtiment ?

Qui plus est, comment déterminer l’impact d’une action d’amélioration de la performance énergétique (APE)?


La M&V (mesure et vérification)


Dans la dynamique actuelle qui tend à passer d’une obligation de moyen à une obligation de résultats (CPE, GPE, …) cette question est devenue centrale. Pour y répondre, la M&V s’est imposée. Encouragée par les normes ISO50 001, ISO 50 015 ou les référentiels tels que HQE Exploitation, les M&V fournissent la preuve de l’efficacité de la gestion de l’énergie.

Comme leur nom l’indique, elles constituent un processus d’utilisation de la mesure pour déterminer de façon fiable les économies d’énergie – ou plutôt, l’absence de consommation d’énergie – générée par une APE. Elles reposent sur plusieurs étapes :

  1. l’installation, calibration et maintenance des points de mesure
  2. la collecte et le traitement des données
  3. la détermination d’une méthode de calcul des économies
  4. la génération de rapports de M&V expliquant la démarche et les hypothèses de calcul
  5. la vérification des rapports par un tiers

L’IPMVP (protocole international de mesure et vérification de la performance énergétique)


L’IPMVP constitue la méthode la plus utilisée de M&V. Mise au point par la société américaine EVO (Efficiency Valuation Organization), elle constitue aujourd’hui un standard reconnu, si bien que désormais, il est fréquent que des maîtres d’ouvrages requièrent l’intervention d’un professionnel de l’IPMVP (appelé CMVP pour professionnel certifié de la M&V) pour mettre au point le plan de M&V (PMV).
D’après cette, méthode, il existe 13 points que doit contenir un PMV :

  1. Description de l’APE et de ses objectifs
  2. Définition et justification de l’option méthodologique de calcul des économies
  3. Documentation de la situation avant l’APE (situation de référence)
  4. Identification de la période de suivi
  5. Définition des conditions d’ajustement
  6. Spécification de la procédure d’analyse des données
  7. Indication du prix de l’énergie utilisé dans les calculs
  8. Listage des compteurs
  9. Assignation des responsabilités du suivi
  10. Évaluation de la précision attendue
  11. Allocation d’un budget
  12. Définition d’un format de restitution des résultats
  13. Indication des procédures d’assurance qualité

 

Le calcul des économies d’énergie

Le calcul des économies d’énergie repose sur la comparaison des consommations d’un ensemble avant et après l’APE. Seulement, pour tenir compte de la probable variation des conditions de fonctionnement de cet ensemble (météo, régime de fonctionnement…), on applique à la mesure après APE un ajustement (étape 5 du PMV) dont les modalités de calcul sont définies dans le PMV. Ainsi, l’équation de base de la M&V est :


 Economies = Consommation avant APE – Consommation après APE ajustée


Il faut encore définir l’ensemble sur lequel porte l’étude. L’IPMVP prévoit 4 options utilisables en fonction du périmètre de mesure. Dans le cadre de la construction d’un bâtiment, le périmètre d’étude est le bâtiment entier. Par ailleurs, la situation de référence n’existant pas tant que le bâtiment n’est pas construit, l’IPMVP définit l’option D qui permet de se confronter à une situation de référence définie par la simulation numérique calibrée.
Le calibrage du modèle thermique, c’est justement notre spécialité. Et notre prochain article vous expliquera ce qui se cache derrière ce mot.



Paul Vienne, Ecotropy